La membrane
Filiale d'un tout pas asserti
Quel sujet pour devenant
Quel après
Le vin
Sans pli sans rien le liant
C'est entre ta cuisse et son sein
Sur le pli de la lèvre que ça suinte
Regarde ouvre
Moi ta main sa caresse advenant
Paraît que c'est
Mais qui pour attester du mouvant
Le poil incarné enfermé et ça suinte
Taire l'espoir accumulé
Motrices, les roues et l'arbre
Tout écartelé pas miroité
Un seul instant
A mourir de l'envie
Les images accumulées et le cran
Craque sur le mur cartilage
La touffe sous la glace il a vu
Profil de mammouth voûté
Quadrupède c'est une flèche
Inversée
Cloisons contrastées du hurlement
Accumule les glaçons et ta trace
Limace tremblotante
Des pages à froisser
Cet amour-là
"Elle dit: non, ne pleurez pas, ce n'est pas triste, en rien, en aucun cas. Il s'agit de vous et de pas vous, oubliez votre personne, ça n'a aucune importance. Il ne faut pas se prendre pour un héros. Vous êtes rien. C'est ce qui me plaît. Restez comme ça. Ne changez pas. Restez. On va lire ensemble."
Yann Andréa
Yann Andréa
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Grands
http://youtu.be/pm2pxrQPwPk
Oui, toi tu sais l'envie. Si j'avais des talons assez hauts et des jambes capables de ne pas trembler. Si j'étais forte comme je sens que je devrais l'être en face de toi ça marcherait. Si je n'avais pas autant besoin de ce dont j'ai besoin pour être en vie et que je pouvais te pousser jusque dans ces retranchements où tu ne vas pas. Je sais. Tu sais.
Si jamais le soir dans le noir j'étais capable de ne pas fermer les yeux mais de les plonger dans la chair sans hésiter. Si j'étais capable les vêtements et les matières parasites c'est évident ça marcherait. Si mes mains et mon corps et ma tête pouvaient se taire comme tu sais les éteindre. Si pour éteindre ma machine il ne fallait pas que la tienne fonctionne à bloc. Si pour éteindre ta machine il ne fallait pas que la mienne fonctionne à bloc.
Ça tu sais. Tu vois. Tu sens. Quand tu ris parce que tu ne sais pas faire autrement. Quand je compte les heures, les jours, les mois et les années qui nous séparent de ce qui pourrait. Quand je sais que l'impossible est le plus piquant de tous les déclencheurs. Je vois en toi ce que ça donnerait. Que ça ne donnera jamais.
Quand la nuit à Paris il fait froid et quand le vent nous déchire la face. Quand la nuit à Paris n'a pas d'âge et que la musique. La musique la nuit et l'alcool. Les stupéfiants. Parce que c'est surprenant tu sais une histoire comme ça qui n'aura pas lieu mais qu'on voudrait possible simplement parce qu'elle ne l'est pas. La vouloir une fois et savoir qu'une fois c'est déjà une fois de trop. Défaillir quand l'heure approche et quand la nuit appelle.
Attendre ce moment-là tous les soirs. Espérer tous les matins.
Oui, toi tu sais l'envie. Si j'avais des talons assez hauts et des jambes capables de ne pas trembler. Si j'étais forte comme je sens que je devrais l'être en face de toi ça marcherait. Si je n'avais pas autant besoin de ce dont j'ai besoin pour être en vie et que je pouvais te pousser jusque dans ces retranchements où tu ne vas pas. Je sais. Tu sais.
Si jamais le soir dans le noir j'étais capable de ne pas fermer les yeux mais de les plonger dans la chair sans hésiter. Si j'étais capable les vêtements et les matières parasites c'est évident ça marcherait. Si mes mains et mon corps et ma tête pouvaient se taire comme tu sais les éteindre. Si pour éteindre ma machine il ne fallait pas que la tienne fonctionne à bloc. Si pour éteindre ta machine il ne fallait pas que la mienne fonctionne à bloc.
Ça tu sais. Tu vois. Tu sens. Quand tu ris parce que tu ne sais pas faire autrement. Quand je compte les heures, les jours, les mois et les années qui nous séparent de ce qui pourrait. Quand je sais que l'impossible est le plus piquant de tous les déclencheurs. Je vois en toi ce que ça donnerait. Que ça ne donnera jamais.
Quand la nuit à Paris il fait froid et quand le vent nous déchire la face. Quand la nuit à Paris n'a pas d'âge et que la musique. La musique la nuit et l'alcool. Les stupéfiants. Parce que c'est surprenant tu sais une histoire comme ça qui n'aura pas lieu mais qu'on voudrait possible simplement parce qu'elle ne l'est pas. La vouloir une fois et savoir qu'une fois c'est déjà une fois de trop. Défaillir quand l'heure approche et quand la nuit appelle.
Attendre ce moment-là tous les soirs. Espérer tous les matins.
Les toiles
Il y a celles qui se tissent sur nos yeux et sur nos cœurs
Petit fil par petit fil avec la douceur d’un baiser
Pour que larves entre larves
Nous dégoulinons sur un sol carrelé
Prévu à cet effet
Langueur trompeuse d’un désert sans soleil.
Il y a ces blancs néants sur lesquels valsent
Nos fantasmes convenus et pleurent
Nos racines d'enfants
Qui ternissent le regard du dedans
Images totalitaires castrant le rêve
D’une valse sans tournis.
Et il y a le prétexte des doigts les plus habiles
Ceux qui savent dire deux mots en trois lettres
Ceux qui frôlent puis plongent dans le fondant du plaisir
Ceux qui datent d’hier et parlent de demain
Ceux qui réveillent un corps aux seins tous tendus
Bouche béante et orbites saillants.
Petit fil par petit fil avec la douceur d’un baiser
Pour que larves entre larves
Nous dégoulinons sur un sol carrelé
Prévu à cet effet
Langueur trompeuse d’un désert sans soleil.
Il y a ces blancs néants sur lesquels valsent
Nos fantasmes convenus et pleurent
Nos racines d'enfants
Qui ternissent le regard du dedans
Images totalitaires castrant le rêve
D’une valse sans tournis.
Et il y a le prétexte des doigts les plus habiles
Ceux qui savent dire deux mots en trois lettres
Ceux qui frôlent puis plongent dans le fondant du plaisir
Ceux qui datent d’hier et parlent de demain
Ceux qui réveillent un corps aux seins tous tendus
Bouche béante et orbites saillants.
Dans une cabane faite de pages, l'enfant se gavait de taches d'encre.
Du sol au plafond, comme un aveugle qui cherche de l'ombre,
de ses doigts maculés de lettres, il ingurgitait la mémoire du monde.
Dehors, il se savait, il faisait beau, il faisait froid et même le vent parfois
venait frapper de vérité la nature aux branches si frêles.
Un peu plus tard dans sa vie, la cabane dans le coeur et l'oeil ouvert vers l'intérieur,
l'enfant continuait à se défendre contre une vie adultère.
Le poids des lignes entortillées dans sa mémoire le protégeait du vide et
des amis intimes il en avait peut-être mais aucun n'eût jamais cet arrière-goût de sel
que seuls les livres lui offraient.
Quand enfin on lui dit de réussir sa vie, l'enfant-adulte sourit:
le temps des masques était arrivé et les images tricotées autrefois
le sauvaient à jamais du rythme froid et noir
des sans-pourquoi.
Du sol au plafond, comme un aveugle qui cherche de l'ombre,
de ses doigts maculés de lettres, il ingurgitait la mémoire du monde.
Dehors, il se savait, il faisait beau, il faisait froid et même le vent parfois
venait frapper de vérité la nature aux branches si frêles.
Un peu plus tard dans sa vie, la cabane dans le coeur et l'oeil ouvert vers l'intérieur,
l'enfant continuait à se défendre contre une vie adultère.
Le poids des lignes entortillées dans sa mémoire le protégeait du vide et
des amis intimes il en avait peut-être mais aucun n'eût jamais cet arrière-goût de sel
que seuls les livres lui offraient.
Quand enfin on lui dit de réussir sa vie, l'enfant-adulte sourit:
le temps des masques était arrivé et les images tricotées autrefois
le sauvaient à jamais du rythme froid et noir
des sans-pourquoi.
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