Cet amour-là

"Elle dit: non, ne pleurez pas, ce n'est pas triste, en rien, en aucun cas. Il s'agit de vous et de pas vous, oubliez votre personne, ça n'a aucune importance. Il ne faut pas se prendre pour un héros. Vous êtes rien. C'est ce qui me plaît. Restez comme ça. Ne changez pas. Restez. On va lire ensemble."

Yann Andréa

Distinctive

So his mouth and his eyes and his very poor arm
I wonder how looking around he must see
Crawling under the carpet at night when the wind blows
And it blows and is grey
Furious

Let's all play

A finger and a toe and he has hair, white
And he has, made of plastic
Just like gold
Said to pray
Then a bird flew right into the window

We shall lay

Her father was a pianist and her mother
and then a disease
itsjustlikepoppiesinjuly
black in the middle

I started to say

The path is very steep
Tiny trees scratching unbearable legs
The sky distinctively blue
Red and blue, dark and very very heavy

No one wants to sleep down in the lowlands

exactement comme je lui ai dit

Savoir la forme absenteSavoir la forme absente
et pèse
Tout fait de ce qui a été
Je veux dire que cela a été
qu'il y a eu, que fut, que l'activité humaine n'est pas tangible, que ça ne

Plonge et tire
tout le poids du sol qu'on dit pour faire centre, pour faire corps
ce sont les autres qui nouent

Pendant longtemps les bruits
qu'on sait d'une autre expérience et qui tranche

et pèse
Tout fait de ce qui a été
Je veux dire que cela a été
qu'il y a eu, que fut, que l'activité humaine n'est pas tangible, que ça ne

Plonge et tire
tout le poids du sol qu'on dit pour faire centre, pour faire corps
ce sont les autres qui nouent

Pendant longtemps les bruits
qu'on sait d'une autre expérience et qui tranche

Sans amorti

Une plume en avant
bien avant
bras dedans plume dans

La poule avait la tête tournée
Tournée dedans
Dit somnoler l'autre mot
crevée

Plume

Collée sur papier mâché
bien roulé, humide, moulé puis - trouée
deux
un pour chaque œil

Après il a mangé un œuf et l'a vomi

190929

Parce que c'est la faute à personne si tu frissonnes

Comment succession de lignes, le bruit du frottement
et le soleil enfin noble grâce au poids des nuages, leur texture et l'opacité des corps
            grandes tranches donc, arbres sombres, bleu et vert autour des lèvres
Il y a des lamas dans chaque pli

mais ils se connaissent tous
(et le monde est merveilleux)
c'était fort et violent c'était lent

*

Amassé c'est pour pas oublier
Pour pas laisser passer la chance pas
la danse tu sais quand c'est comme ça on marche à quatre pas
C'est un rythme désarmant, les épaules en dedans
ta main sous mes oreilles
ma langue autour de toi

le b.a.-ba

Il absorbait l’espace du chant, celui du temps. C’est-à-dire qu’il grignotait, on le voyait dans le creux de ses joues, sous sa langue, entre ses dents, le disponible. Tu comprends ? Porté par un désir de soi, un anté-soin de l’amont (les mains frottées au figuré dans le noir d’une insomnie), une façon d’être difficile à cerner. Très efficace au demeurant. Il fallait plier parce qu’il ne cédait jamais, sa forme de jouissance dans l’attente, espace du temps, de l’entre temps, la fulgurance des douleurs inopinées mais très cinglantes comme il fallait. Impossibles à cerner. Aujourd’hui encore, le parler achoppe. Il essaie mais se brise à la lettre. Et c’est la langue qui s’effondre entre le palais et les dents, incapable d’exploser comme il le faudrait et produisant parfois une salive improbable, des sons stridents. Des gouttes de regards, de respirations à peine retenues, rien. Rien à avancer pour dire ce qui était. Les couleurs étonnantes d’un corps. Urbaines. Les attentes et les silences trop rares, interminables. La proie volontaire un peu vermine. Les étals animés de la télé. Tous les écrans accumulés en un point visqueux. La léthargie qui n’est pas ennui. L’envenimé de celui qui croit que le mot et qui est expulsé. Les avis étonnants des uns. Le manque de clémence. L’imprudence. L’ivresse. Banalité des vers qui se meuvent et creusent des sillons. La terre qui respire, le b.a.-ba. Un jour disparaîtra. Un jour pas loin, un jour comme ça où le soleil ou la pluie. Où le ciel gris. Cils figés. Penser écarquillé. Penser pas. Pas penser, être. Comme il faut, comme ils disent qu’il faut.

des mutants après 4000 ans d'usage

L’horreur. Pas du tout terrible. La lumière belle, les feuilles jaunes et pires encore. Mais c’est toute la douceur accumulée. La faim à saturation. Impossible de me passer de ça, toi. Et pourtant le grand bol d’air. L’amour un rapt. Les narines plissées. Récurrente image probablement trouvée dans un conte de fées. C’est dérangeant l’appétit. Ça envahit. La joie de vivre. Si tant est qu’on puisse un jour le formuler. Parce que la lourdeur du thorax qui s’inscrit. D’aucuns diraient crispé à cause du froid. Mais de quel froid. Ça c’est ce qu’on ne veut pas qualifier. L’origine du mot valise. Là pour couvrir, pour neutraliser ce qui est. Mot vermifuge. Pour ne pas dire l’étendue. Que toi tu sois que tu cherches comme moi à être humain. Alors voilà dans la pièce assise sur le canapé jaune qui n’est pas mien à me demander pourquoi lever une jambe, un bras. Et dans cette pièce froide, humide, les objets menacent. Pas vraiment puisqu’ils ne vont pas se lever et m’acérer. Mais ils menacent ne savent pas attendent sans rien. Retour. Les déplacer, ce qu’il faudrait. Les ordonner. Ouvrir un peu les pans et aérer. Allumer quelques feus. Mouvoir. L’eau sur le corps aussi, pour faire couler. La brume pue sur les vitres en plexi. Tabac froid. Corps morts. Et toutes les cellules. Quelque part entre la molaire et la langue reste le goût de ce qui palpite sous la chair. Avoir vu un œil décalotté et pensé végétal. Sur l’écran, le huit s’est mué en neuf. Blanc sur fond noir. L’alarme s’est tue. Only humans. C’est la radio qui crache. Ensuite une voix claire surenchérit pour dire que seulement nous. Ça parle beaucoup de silicium. Et c’est le mot de moraline qui surgit. Bon bonbon.

Il y a par ailleurs une corneille qui me poursuit. Déjà par trois fois dont une qui s’est soldée par la bête qui interpelle avant de se dissimuler derrière la roue d’un scooter. Le tout en une seule semaine. Je ne sais pas s’il est possible de concevoir à quel point croiser le fer. Mais un soir je suis rentrée au canapé qui n’est pas mien parce que je n’arrivais pas encore à aller jusqu’au lit et le drap qui séchait sur la porte était posé sur le rebord de la machine à laver. Il y a donc un plusieurs à considérer.

Bien plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, je cherchais l’élan. Encore me diras-tu. Et ton sourire déchirera. Mais où. Parce que finalement descendre l’escalier, c’est déjà l’aventure.

Et fendre l’air en faisant grincer les pédales. Qui ne sont pas réellement ce qui grince mais trouver l’origine ça m’a toujours dépassée.

Cardboard boxes

Open lines went down
Deep narrow long lasting
A square and an apple
The speed of it
The sound broke
Three stones and your stack
See the dark
Blinding light

Bound

Mud in the knee under the trees
Bleeding ground
And then the elbow
Bursting water
And in the end a
The ghost of it
With a bright wooden frame

Close

Someone chose
Some point
A very fast question
No looks at all
The sound of a car

Riples and no shore

Swelling teeth and tongues and legs
A very dry mouth
Every day strikes
Seconds and maths
Dust to ash to chalk
Sweet white fall
No angel at all

Can you dance me to sleep
Can you dance me to sleep
I could angst you to weep

Ah bon

La membrane
Filiale d'un tout pas asserti
Quel sujet pour devenant
Quel après

Le vin
Sans pli sans rien le liant
C'est entre ta cuisse et son sein
Sur le pli de la lèvre que ça suinte
Regarde ouvre
Moi ta main sa caresse advenant
Paraît que c'est
Mais qui pour attester du mouvant

Le poil incarné enfermé et ça suinte
Taire l'espoir accumulé
Motrices, les roues et l'arbre
Tout écartelé pas miroité
Un seul instant

A mourir de l'envie
Les images accumulées et le cran
Craque sur le mur cartilage
La touffe sous la glace il a vu
Profil de mammouth voûté
Quadrupède c'est une flèche
Inversée

Cloisons contrastées du hurlement
Accumule les glaçons et ta trace
Limace tremblotante
Des pages à froisser

I came upon a crossroad

All those legs dog legs crawling running around up and down waiting behind the door what door
Wide open door

Ice cold plastic air right through my hip I know my hip the cold the legs don't work at all
I looked at them, felt my tongue seeing them
Dragons' eyes sparkle
I mean they look at you they never stop
Gaping mouths
Fury spine
Sitting waiting
Threatening
Pretending to know
Dog's knowledge
Sniffing away
What trail where
The distance between me and you

How
It doesn't matter who you are
Connexions
Numbers, papers, shelters
What shade where
Tiny creatures
Eyelids squashed and pulled and
Squashed and pulled and away
All torn
As if eyes

Bones will end up skulls
Will look great on the wall on the desk
Bones and skulls where once
Nerves also

Can you picture
Soft and sweet and trees
It's the star
Said I think so

Stones now
Knees and stones and glass
The lines exploding turning into
Deep  holes water black and thick and old
Eyes and mouths and cheeks and necks
All laughing
Sweet true laugh
Easy sweet easy
The trees are dancing






Lamia

Big fat white heart open, mouth with thick lips, ready to kiss and bite and lick and love. Huge. Each step big brests moving up and down and left and right. The smootheness of the skin and the big calves and the butt. So deep. The amount of noses one should burry in that flesh. The strength of one against all. Men weeping under each arm. A babe snoring comfortably inside her right cheek. Her eyes stroking miles of Angst. Between her thighs, flowers blooming in shades of yellow, pink and green. The goddess was wearing a white top and a pair of very thin leggings her arms were tatooed had been tatooed long ago some ink still showed signs of previous pains on her dark skin. Fat around the bones under the ears hair tied back. All those years of holding onto crying souls. Foul play each step of the way. A dying soul is a lying soul is a soul that does not say. Lamia bloomed away.

It wasn't that difficult to carry the same chair up the same hill every day of the year. Just sometimes she fell sometimes a leg broke sometimes the hill was a mountain was a wall was a nothing she had to cling onto until the next day or man it's all the same.

She'd seen the cloud coming seen it understood it the meaning the amount of men crying under her arms blooming between her legs remembering peace inside her mouth. All increased. The cloud kept on crawling she went on blooming licking. Thick lips, fat heart. The cloud was nothing at all. One could nearly see through it and time would pass does pass is made to pass. She didn't care and kept on being Big and fat and white and black.

It's when her girlfriend disappeared that the first bruise appeared. Soon she'd be thin. But in the meantime: big fat white heart open, mouth with thick lips. Kissing away.